Le pouvoir guérisseur des sensations

Et si notre corps pouvait guérir notre esprit ? Pour la revue Nexus, j’ai fait le récit d’une expérience de connexion sensorielle au long cours et de ses effets sur mon équilibre émotionnel…

Aurait-on finalement trouvé le moyen de guérir la souffrance psychique ? Un siècle après la naissance de la psychanalyse, plusieurs méthodes montrent une capacité sans précédent à résoudre rapidement angoisses et autres perturbations émotionnelles. Leur point commun : Elles font appel au corps. L’une d’entre elles consiste à prendre en compte les sensations physiques liées à nos perturbations émotionnelles. Depuis trois ans, je l’ai testée et expérimentée : Au-delà de la sphère des émotions, la connexion sensorielle ouvre des perspectives inédites dans les soins médicaux, les relations interpersonnelles et même la protection électromagnétique. Récit d’expérience.

C’était à l’automne 2013. A l’époque, je me trouvais plutôt sain de corps et d’esprit. Bien-sûr, comme tout le monde, j’avais mon lot ordinaire d’états d’âmes à gérer. Je le faisais par la méditation, le yoga ou la cohérence cardiaque. C’était efficace, au prix d’une pratique quotidienne. Et puis un jour, j’ai lu par hasard les extraits d’un livre écrit par un consultant en pédagogie, Revivre Sensoriellement. Son auteur, Luc Nicon prétendait que tout le monde peut guérir ses perturbations émotionnelles définitivement et en moins de 2 minutes et demi pour chacune d’entre elles. Peurs, phobies, trac, anxiété, angoisses, sentiments d’hostilité, colères incontrôlées jusqu’aux accès de violence ou encore inhibitions, hésitations et même dépression nerveuse : Aucun de ces tourments ne résistait à sa méthode. Il suffisait, dans les instants qui suivaient une perturbation émotionnelle, de prendre en compte les sensations du corps. En quelques instants, la perturbation disparaissait, pour ne plus jamais se manifester face à des événements similaires… Mi excité, mi sceptique face à ce scénario de science-fiction, j’ai formé le vœu d’avoir une occasion d’en vérifier la véracité sur moi-même. Pour Luc Nicon tous les êtres humains sont dotés d’une fonction de régulation émotionnelle, naturelle et spontanée, laquelle leur permet normalement de retrouver leur stabilité à la suite d’événements dangereux ou perturbants… Sauf que si le mécanisme s’enraye, des anxiétés s’invitent dans le quotidien. Depuis 2007, Luc Nicon affirme que nous pouvons définitivement les surmonter simplement en « prêtant attention, non pas à nos pensées, ni même à nos émotions, mais aux sensations physiques qu’elles occasionnent ». Tout cela évoquait une version simplifiée de la pleine conscience. Sauf que le pédagogue émettait une hypothèse hardie quant à l’origine de nos tourments : « Si un événement traumatique est suivi d’une perte de connaissance, la régulation naturelle n’a pas l’occasion de se faire. Par la suite, toutes les situations qui comportent un rappel de l’événement sont perçues comme des menaces de mort. Or les pertes de connaissance sont fréquentes au cours de la vie intra-utérine… » Voilà qui était nouveau dans le panorama des explications de nos difficultés existentielles.

« C’est bizarre, je ne suis plus concerné par ce qui me perturbait ! »

Pourquoi pas ? Mais je veux tout de même avoir une occasion de le vérifier. Celle-ci ne tarde pas à se présenter. Au cours du mois de novembre, je suis anormalement préoccupé par une altercation que j’ai eue avec une personne, à tel point qu’en pleine nuit, je me réveille angoissé pensant à mon incapacité à m’opposer à elle. Me vient alors l’idée de porter mon attention sur mon corps… Comme indiqué dans le livre, l’émotion se tait aussitôt au profit d’étranges sensations physiques : un spasme du diaphragme bientôt suivi d’une oppression dans la poitrine et d’une sensation de strangulation au niveau du cou. J’étouffe ! Prévenu par ma lecture, je laisse faire. Au bout d’une minute, les sensations s’apaisent subitement. Je m’endors. Je fais alors un rêve curieux : Une boule grise, hérissée de pics m’arrive en pleine figure. Dans un demi-sommeil, repensant à ma lecture, je me souviens du descriptif d’une situation de la vie intra-utérine qui ressemble étrangement à mon rêve : Lors d’une grossesse gémellaire, un fœtus non viable meurt à un âge où des restes osseux, entourés de chairs en décomposition forment une boule agressive qui en heurtant le foetus survivant, provoque des lésions et des pertes de connaissance… La chose est connue en obstétrique. Mon rêve serait-il la résurgence d’un souvenir lointain ? C’est l’hypothèse qu’évoque Luc Nicon pour expliquer l’efficacité de sa méthode. La suite confirme ma libération : La situation qui me tourmentait me laisse désormais tranquille. Je retrouve ma sérénité et mon pouvoir d’action. En l’occurrence celui de m’opposer sans crainte à une personne qui crie. C’est une nouveauté dans ma vie.

Lors de ses formations et conférences, le pédagogue raconte volontiers la genèse de sa découverte. « J’avais l’habitude de travailler avec la mémoire inconsciente », raconte-t-il. « Celle qui implique le corps et les émotions. De manière empirique, j’ai eu l’idée de poser cette question à des gens bloqués face à une situation d’apprentissage : « Comment ça se passe dans votre corps ? » Or dès qu’ils prêtaient attention à leurs sensations, ça s’arrêtait. Ils les décrivaient. Celles-ci allaient vers l’apaisement et puis le blocage cessait. Les gens disaient : «  C’est bizarre, je ne suis plus concerné par ce qui me perturbait ! » J’ai vu que ce qui était débloqué l’était de manière définitive. Le pédagogue s’intéresse alors à d’autres blocages émotionnels ». Surprise : Le «truc » semble avoir un effet similaire sur une grande variété de troubles émotionnels. Entre 2003 et 2007, Luc Nicon mène par ses propres moyens une étude sur 300 personnes souffrant de phobies, de dépressions, d’irritabilité, d’inhibition ou d’angoisses. Au cours des séances, à l’évocation d’un événement perturbant, celles-ci évoquent non seulement des sensations physiques mais également des images, des goûts, des odeurs ainsi que des impressions et des sentiments. Il y est régulièrement question de formes dégoutantes, d’ambiances putrides, de matières visqueuses, spongieuses et irritantes qui se collent au corps, obstruent la bouche ou le nez, menaçant la personne de mort. Les patients parlent de tractions douloureuse sur l’ombilic, d’un cordon qui serre le cou, d’une aspiration vers le bas, voire de la traversé d’un tube étroit qui leur serre terriblement la tête. Devant la similarité des expériences relatées, Luc Nicon finit par ouvrir un manuel d’obstétrique. Les descriptifs de problématiques prénatales sont en tous points conformes aux récits subjectifs de ses patients… En 2007, il publie TIPI Technique d’identification sensorielle des peurs inconscientes, un compte-rendu détaillé de cette étude et de ses résultats, puis commence à former des thérapeutes, psychologues et médecins. Au fil des expérimentations et des partages, l’outil se perfectionne. L’accompagnant incite le consultant à prendre en compte uniquement les sensations de son corps. De une à deux heures, les séances passent à quelques minutes.

« C’est un saut de conscience :Le passage d’une hypersensibilité souffrante à une extra-sensorialité épanouie » 

Quant à moi, ravi de ma première expérience, j’accepte l’invitation de Luc Nicon à me former à cette méthode. J’ai envie de savoir de quoi je parle en tant que témoin-journaliste, mais aussi d’en bénéficier et d’en faire profiter l’entourage. Dans les mois qui suivent, j’accompagne diverses personnes en proie à des difficultés émotionnelles. Les résultats sont effectivement impressionnants. Je vois la plupart se libérer, parfois en quelques secondes, de phobies ou d’angoisses vieilles de plusieurs décennies. Pour moi-même, j’ai la curiosité d’explorer jusqu’où la pratique systématique de cette faculté naturelle peut mener. Au fil des mois je m’applique à libérer une à une les perturbations les plus invalidantes auxquelles je suis confronté. Progressivement, je constate qu’angoisses, anxiété, irritation ou inhibitions se dissolvent. Je deviens plus spontané, plus efficace et pour tout dire, plus joyeux. Puis je rencontre un formateur TIPI, qui a fait ses classes auprès de Luc Nicon en 2007. Michel Gaborit me suggère alors de ne pas me limiter aux seules perturbations émotionnelles mais à me connecter à mes sensations chaque fois que je repère une tension même légère en moi : jugement, parole ou affect réprimé, méfiance et même débordements émotionnels agréables. Selon lui, même des réactions ténues peuvent cacher une « peur racine », liée  à une perte de connaissance ancienne. Et même si tel n’est pas le cas, la connexion au corps accélère le processus de régulation naturelle, celui qui se met en œuvre spontanément, même quand aucun souvenir traumatique inconscient n’est en jeu.

C’est alors que je commence à faire de drôles d’expériences… Un jour, tandis que je lis un article émouvant sur le deuil, les larmes me montent aux yeux. J’éprouve un plaisir trouble, teinté de mélodrame. J’ai alors l’idée de prendre en compte les sensations de mon corps. Une pression sur l’occiput vers l’intérieur et vers le haut se manifeste. Elle se prolonge dans une sensation de poussée interne entre les sourcils. L’apaisement est rapide. Je relis le passage qui m’a touché. Il est devenu émotionnellement neutre. Du coup, l’agrément de ma lecture en a pris un coup. Luc Nicon m’indiquera  par courriel, que ce revécu sensoriel est typique selon lui d’un instant précis du passage du col de l’utérus. Quelques temps plus tard, j’applique la même méthode à la suite d’un moment où j’ai été physiquement attiré par une femme. Nouvelle empreinte sensorielle, prenant à partie le bas du ventre. Après apaisement, l’attraction physique a disparu, pour ne plus se manifester par la suite. Nos plaisirs, nos désirs pourraient-ils aussi venir de la peur ? Et si c’était vrai, que resterait-il au-delà ? Pour le moment, j’observe que le contentement qui était autrefois chez moi suscité par des situations agréables tend à se manifester spontanément… Plus étonnant, certaines de mes attitudes comme le besoin de me lever avant tout le monde le matin ou la propension à me surpasser physiquement ne se manifestent plus… De plus en plus je constate que vivre me suffit. « Quand les perturbations ne sont plus là, l’accès à la remise en question des schémas et des automatismes est ouvert », commente Michel Gaborit qui, à l’heure où j’écris, vient de se dissocier du système TIPI pour créer sa propre école de formation, précisément « pour prendre en compte l’incidence de l’activation sensorielle sur les autres dimensions de l’être et laisser se manifester les opportunités de transformation globale qu’elle permet ». Par exemple celle de modifier ses relations. « Moins préoccupés d’eux-mêmes mais plus connectés à eux-mêmes, les pratiquant se sentent plus sensibles à leur environnement, plus concernés par autrui. C’est un saut de conscience : Le passage d’une hypersensibilité souffrante à une extra-sensorialité épanouie ». Sur lui-même et les autres pratiquants assidus, Michel Gaborit a observé en effet une capacité nouvelle, celle de percevoir les émotions de l’entourage et de favoriser leur régulation au moment où elles se présentent.

Les douleurs, limitations ou blocages se résorbaient plus vite

Cette compétence est au coeur de la méthode Resseguier. Praticien en réhabilitation fonctionnelle, Jean-Paul Rességuier a découvert au début de sa carrière que lorsqu’il adoptait une attention vigilante et bienveillante à ses propres sensations en présence de ses patients, ceux-ci devenaient plus paisibles eux-mêmes et avaient un meilleur accès à leurs propres ressentis. C’est ainsi que les douleurs, limitations ou blocages se résorbaient plus vite, améliorant l’efficacité des soins… Kinésithérapeute, ostéopathe , formé à la médecine chinoise, Jean-Paul Rességuier  apprend depuis aux soignants à potentialiser leur relation avec les patients par cette méthode. Outre le domaine de la santé, cette pratique s’est répandue dans de nombreux secteurs où la relation est essentielle. Je rencontre Jean-Paul Rességuier pour la première fois en mai 2014. Au cours de notre entretien, il fait plusieurs fois référence au philosophe Merleau-Ponty.  Il parle de « corps sensible », de « nouage relationnel » et de « posture du thérapeute », autant de concepts encore flous dans mon esprit mais qu’il me semble saisir au travers de mon propre état : Je me sens en contact avec moi-même, totalement décontracté, rassuré presque…  Aujourd’hui, Jean-Paul Rességuier forme non seulement des  kinésithérapeutes et des ostéopathes, mais aussi des praticiens d’autres domaines de la santé comme la gynécologie, l’obstétrique, la néonatologie, la chirurgie ou  la dialyse. Ces derniers constatent rapidement une meilleure efficacité de leurs soins. Même les dialyses gagnent en efficacité de manière mesurable à la suite de l’intervention. A la demande du ministère de la santé brésilien Jean-Paul Rességuier intervient auprès de professionnels de l’obstétrique pour améliorer la qualité de la relation entre les personnels de santé et les femmes pendant la grossesse. En Italie, plusieurs études montrent une amélioration de la qualité de vie des patients souffrant de fibromyalgie. Mais le nouage relationnel ne se limite pas à la sphère de la santé. Des personnes de tous horizons : éducateurs, enseignants et plus récemment musiciens, créatifs, sportifs et éthologues, se forment auprès de l’ancien soignant. « Au travail, les relations étaient tendue », me raconte une employée de centre social récemment formée. « Depuis que je pratique le nouage relationnel, l’ambiance a totalement changé. Et puis ma vie se transforme. Ma relation avec mon enfant est meilleure. » 

Les semaines qui suivent me donnent l’occasion d’expérimenter la méthode. Un jour, un homme passe à un mètre de moi avec dans ses bras un bébé qui pleure à chaudes larmes. Il le porte à plat ventre. Attendri, je regarde le nourrisson et dirige mon attention sur les sensations de mon corps. Aussitôt, je ressens une légère pointe douloureuse à l’estomac. Quelques secondes d’attention s’écoulent et, à ma grande surprise, tandis que mes propres sensations se régularisent, les pleurs du bébé s’apaisent. Il redresse la tête et regarde alentour, comme surpris… Quelques semaines plus tard, j’ai l’occasion de tester mes capacités en présence d’un adulte perturbé par la fin de vie de son père. Or au bout d’un instant, je me sens plutôt contaminé par son mal-être que capable de réguler quoique ce soit. Je prends un prétexte pour m’éloigner… Nullement étonnée par le récit de mes expériences, Dominique Baron, formatrice de la méthode Rességuier en France m’en donnera l’explication quelques semaines plus tard : « Avec les bébés, c’est le plus facile. Les adultes ont plus de barrières. Face à eux, c’est l’intensité de notre qualité de présence qui fait la différence. Et si ça ne marche pas, le plus sage est, effectivement, de s’éloigner. » L’exploration continue…

 

La conscience des sensations, un bouclier électromagnétique ?

« Le Wifi, le bluetooth, j’adore ! Si quelque-chose me gêne, c’est que je ne l’ai pas intégré dans mon unité. » C’est en entendant ces propos du thérapeute Sylvain Decosterd que Michel Gaborit, formateur de la méthode TIPI, a eu l’idée de l’employer face aux pollutions électromagnétiques. « Pour moi qui avait exercé comme géobiologue et parsemé mon habitation de médaillons correcteurs, ce fut une révélation ! J’ai compris que les protections entretenaient la croyance du danger. Depuis, je les ai retirées une à une. Quand je sentais l’impact d’une hyperfréquence par exemple, je me connectais avec ce que cela faisait dans mon corps. Depuis, je n’ai plus de gêne. Le résultat est meilleur que quand je me mettais sous cloche. Si quelque-chose me dérange, j’ai le choix en fonction de mon niveau de vitalité du moment : Soit je me protège, soit j’essaye de l’intégrer en moi. » Une possibilité  confirmée par Pierre Le Ruz, président du CRIREM (Centre de recherches indépendant sur les rayonnements électromagnétiques). « Nous possédons dans notre organisme des magnétosomes, nano-cristaux de magnétite entourée d’une double-membrane biologique qui, au contact d’un champ électrique, magnétique ou électromagnétique,  oscillent et envoient des signaux à l’hypothalamus. C’est seulement si celui-ci interprète l’information comme une agression et si l’organisme ne parvient pas à mettre fin à l’alarme biologique que commence l’électro-hypersensibilité. Si vous restez conscient des sensations procurées par un signal électromagnétique, celui-ci est traité non plus comme message inconnu par le cerveau mais comme information, évitant la mise en œuvre d’une réponse de stress physiologique ». Ceci expliquerait la relative bonne santé des radaristes de l’armée au regard des niveaux d’exposition auxquels ils sont soumis. Petite précision : Pierre Le Ruz n’utilise pas de téléphone mobile. « Pour qu’il n’y ait pas de risque, Il faudrait rester conscient du signal électromagnétique tout en conversant, ce que je ne suis pas certain de faire à chaque fois. »

 

 

Cinq questions à Luc Nicon, créateur de la méthode TIPI

Nexus : Quel est le mécanisme par lequel la connexion aux sensations régule les perturbations émotionnelles ?
Luc Nicon : Porter son attention sur le corps arrête simplement les interférences de la pensée sur un processus naturel commun, semble-t-il, à tous les vertébrés. On ne peut pas à la fois analyser et ressentir. On est soit occupé à l’un, soit occupé à l’autre. Si vous ressentez votre corps, vous ne pensez pas. Donc vous cessez  d’empêcher le processus de régulation émotionnelle. Si je suis dans mes sensations, je suis coupé de mon raisonnement. Donc quand je suis dans un état émotionnel désagréable, si je fais attention à mes sensations, celles-ci restent mais la perturbation émotionnelle cesse.

Vous affirmez que La connexion aux sensations peut aussi guérir la dépression.

On a l’habitude de dire que la dépression, c’est quelque-chose de trop profond pour qu’on puisse en guérir rapidement. Or dans l’état dépressif, on mélange énormément de choses. Les deux piliers de la dépression, c’est la perte d’énergie et la perte d’envie. Tout ce qu’il y a autour, les angoisses, la violence, on a tendance à le mettre dedans. Or ce sont des choses différentes. Si une personne fait une introspection en suivant mes conseils, elle retrouve de l’énergie et de l’envie mais tous les autres blocages ne sont pas forcément résorbés. Il faudra les traiter séparément.

Il y a une cause obstétrique à la dépression ?

Quand les gens prennent comme point de départ un état dépressif, ce qu’ils vivent systématiquement au cours d’une séance, c’est : « J’ai une fuite d’énergie au niveau du ventre ». Certain vont dire qu’ils se vident de leur sang. D’autres vont parler de l’énergie qui s’en va ou de liquide qui se met à sortir du ventre. Ils décrivent également la sensation que le cœur se rétrécit, devient dur, très dense, comme une pierre ainsi qu’une sensation d’asphyxie. Et ce que la personne est en train de revivre à ce moment-là, c’est le moment de la perte d’un jumeau monozygote non viable. Le phénomène est connu en obstétrique : C’est un reflux sanguin du sang du jumeau viable par le cordon ombilical au moment de la mort de l’autre. Ce reflux donne presque toujours lieu à une perte de connaissance. Et dès que la personne a revécu ce moment de manière sensorielle, elle en a fini avec son état dépressif.

Toutes nos perturbations émotionnelles auraient une origine prénatale ?

Beaucoup d’entre elles mais pas uniquement. Ce que l’on retrouve en revanche, à chaque fois que l’on se connecte à nos sensation parce qu’on se trouve face à une perturbation émotionnelle récurrente c’est une perte de conscience subie.

A-t-on des preuves scientifiques que la perte de conscience est la source de nos perturbations émotionnelles ?

La chercheuse américaine Rachel Yehuda travaille sur le Syndrome de stress post traumatique chronique. Comme d’autres, elle a constaté que dans les jours qui suivent un traumatisme fort, on peut prédire par un simple dosage de différents marqueurs sanguin comme le cortisol, si la personne, au bout de trois mois, va développer ou non un Syndrome de stress post traumatique. Les personnes qui ont un taux de cortisol élevé à la suite du traumatisme vont, dans les jours, les semaines ou les trois mois qui suivent au maximum, reprendre le cours normal de leur existence. L’OMS considère que ce scénario concerne à 75 à 85 % des cas. Et puis il y a les 15 à 25 % pour qui le cortisol est anormalement bas. On est sûr à 100 % que ces derniers vont développer un stress chronique. Mais Rachel Yehuda ne s’est pas contenté de ce constat. Elle a établi une relation entre un niveau de cortisol chroniquement faible et des amnésies et pertes de conscience antérieures. Voilà qui accrédite l’idée que pour qu’il y ait une perturbation émotionnelle chronique, il faut qu’il y ait eu perte de connaissance.

La fin de la peur… Et après ?

Et si nous pouvions enfin manifester nos plus belles intentions ? Michel Gaborit, ancien formateur TIPI, en a fait le constat : « A partir du moment où les peurs racines sont levées, il n’y a plus d’interdit émotionnel au changement. Vous prenez conscience d’une attitude relationnelle qui n’est pas ajustée ? Eh bien vous pouvez en changer sans être rattrapé par vos émotions. Vous êtes devenu infidèle à vos mémoires et à vos schémas ». Dans son mode d’accompagnement, Michel Gaborit a décidé de mettre à jour cette possibilité. Techniquement identique à TIPI, l’Accompagnement à la libération des perturbations émotionnelles (ALPE) propose notamment un temps d’intégration dans les instants qui suivent la libération d’une peur racine. « Parfois la personne plonge dans le sommeil. Parfois dans un état modifié de conscience au cours duquel elle va rencontrer la nouvelle personne qu’elle est ». Olivier Chambon, psychiatre initié à l’approche chamanique et formé à la méthode TIPI depuis un an confirme cette possibilité. « Lors des séances longues que je pratiquais avant d’être formé à la méthode TIPI rapide actuelle, les gens basculaient fréquemment dans des états chamaniques. Ils ressentaient la présence de guides ou d’esprits. On pourrait dire de champs informationnels en langage quantique. La connexion aux sensations permet de plonger dans une conscience dépolluée du mental. C’est une porte ouverte sur l’infini. »

Extrait d’un dossier initialement publié dans Nexus

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