J’ai testé le souffle-voix : Le chant qui révèle qui vous êtes

Initié par l’ancien chanteur lyrique Serge Wilfart, le souffle-voix est une pratique corporelle de recherche du son primordial, cette voix riche et chaleureuse que nous aurions tous si nous n’avions subi l’influence de traumatisme ou de conditionnements culturels. Les effets potentiels ? Une reconnexion à sa force intérieure originelle, gage d’une authentique expression de soi, de confiance et même de santé. Chanteur amateur aux prises avec des difficultés vocales, j’ai participé aux ateliers de Benjamin Grenard, professeur de musique et l’un des disciples du fondateur de cette approche.

« Yé yi you ya… Yé yi you ya ! ».

Catherine est debout, à trois mètres en face de moi. Jambes légèrement fléchies, buste ouvert, main gauche au dessus de la tête, paume vers le haut.

« Yé yi you ya ! »

Au son du piano, elle monte la gamme… Comme elle peut. Assis droit comme une une statue antique et ventre relâché derrière son clavier, Benjamin Grenard, 42 ans, l’encourage :

– Encore !

Il monte d’un demi-ton, plaquant énergiquement un accord majeur.

– Ye yi yu ya !

– Donne ta voix !

– Ye yi you ya !

La voix de Catherine s’étrangle dans un soudaine quinte de toux. Rien à voir avec une maladie bronchique. Benjamin Grenard laisse passer la quinte… Et redescend de quelques notes. Catherine, les yeux un peu rouges, reprend :

– Ye yi you ya.

De nouveau, elle monte hardiment la gamme guidée par le piano et la voix sonore de Benjamin. Cette fois, sa voix gagne quelque peu en ampleur : elle passe le cap du fa, monte jusqu’au la… Mais de nouveau la voilà en difficulté. L’émission se tend, se durcit. Pas vraiment esthétique… Pourtant, Benjamin garde le cap. Et force est de constater qu’au bout de quelques notes, la voix devient subitement plus libre, avec une couleur sonore radicalement différente, plus pleine… jusqu’à ce qu’elle trouve une nouvelle limite. L’exercice prend fin. Catherine reprend sa posture naturelle, quitte le tapis de gymnastique et retourne à sa place assise, les yeux dans le vague. Elle revient du fond d’elle-même. Quant à moi, j’ai l’impression d’avoir reçu de plein fouet une intense décharge énergétique et émotionnelle.

« Qui veut venir ? » Lance Benjamin de sa chaude voix de baryton. Eric se porte volontaire. Comme Catherine, il prend position debout sur le tapis, main gauche levée. Notre initiateur le voit de profil, observe sa posture puis demande : « Quelqu’un veut venir derrière lui ? » Je me porte volontaire et me place à cinquante centimètre dans son dos, en soutien.

« Je donne ma voix ! » Lance Benjamin avec son timbre chaleureux. « Vas-y ! »

« Je donne ma voix ! » Répète Eric d’une voix un peu timide.

– Maintenant, centre ton attention sous le nombril et lance « Une bière s’il vous plait ! »

Eric se repositionne.

– Une bière s’il vous plait ! 

– Voilà ! Là c’est bon ! L’énergie est là, les vannes sont ouvertes : on y va !

D’un coup, on dirait que les murs se sont réchauffés. Benjamin plaque son accord majeur dans les basses.

– Ye yi you ya.

Libérer progressivement les tensions mises en place au cours de l’histoire de l’individu 

Benjamin me fait signe de tapoter les épaules d’Eric avec le tranchant de la main. Le but : détendre les muscles qui résistent encore à l’ouverture du thorax et à l’expansion du ventre. C’est cela le souffle voix, un ensemble de pratiques ayant pour objet de mettre en défaut les constructions erronées « afin de libérer progressivement les tensions mises en place au cours de l’histoire de l’individu ». De fait, une fois placé dans les postures proposées par Serge Wilfart et de ses successeurs, il n’est plus possible d’appuyer sa voix sur des schémas posturaux défectueux. Après un temps d’adaptation, la voix se pose enfin sur ses fondations originelles. Elle retrouve alors sa force et sa richesse harmonique, celle des débuts de l’existence… Sous mes doigts, je sens toute l’intensité de la concentration d’Eric. Lui aussi semble plongé dans la profondeur de son propre corps. Comme pour Catherine, la voix trouve bientôt sa limite aiguë, le point où elle perd de sa texture et de sa justesse. Aussitôt, Benjamin revient aux notes médium, dans la zone de confort de son élève. A la prochaine montée, il s’agira d’aller plus loin en gardant le son fondamental et l’élan vital. Rien n’est jamais forcé en souffle-voix.

Toute cette première journée se déroulera selon le même principe. Nous passons à tour de rôle, main gauche tournée vers le haut au-dessus de la tête, offrant notre profil à notre instructeur, un assistant en soutien derrière nous, criant des ye yi you ya  plus ou moins justes, plus ou moins sonores et plus ou moins éraillés au milieu du cercle des participants. On pourrait se demander quel intérêt il y à écouter les couacs, les émissions poussives et les quintes de toux des autres, émaillées de temps à autres de quelques éclats cristallins. Benjamin, lui, semble passionné par nos vocalisations maladroites : les travaillant comme une matière brute, il exulte lorsque celles ci se transforment spontanément en un son plus riche, comme un chercheur d’or s’illuminerait au moindre reflet brillant dans sa battée. De fait, les stages de pneumaphonie, l’autre nom du souffle-voix, ont toujours la même trame : Un cercle de douze personnes maximum, chantant tour à tour dans une position pas franchement confortablement mais censée induire un abaissement du centre de gravité et une détente de ces muscles le plus souvent inutilement mobilisés lorsque nous vocalisons. Sur trois jours, je chanterai donc trois fois et passerai le plus clair du temps restant à assister aux ye yi you ya des autres. Ce faisant, je progresserai à pas de géant dans la découverte de mon centre vital. En effet, mes neurones miroirs se mobiliseront constamment, activant les aires cérébrales correspondant exactement à la gestuelle, à la posture et à la vocalisation qu’il me sera donnéed’observer. Dès lors, je percevrai depuis mon propre corps ce que vit l’autre par un phénomène de résonance que la science peine quelque peu à détailler. Pour parler plus simplement, j’apprendrai par mimétisme. C’est en tout cas ce qu’affirme Benjamin qui a observé que les sessions de groupe produisent de plus grands résultats que les séances individuelles. Pour le moment, =Assis pile en face de ceux qui chantent, je ressens leur trac, leur envie de bien faire puis enfin leur engagement total dans le geste vocal. Il y a quelque chose d’émouvant à voir autrui se livrer ainsi. Le fait que tous soient logés à la même enseigne participe du lâcher-prise voulu.

Une sorte d’utopie où le travail vocal sert la découverte de soi

Serge Wilfart qui avait résolu ses difficultés vocales de chanteur d’opéra par une recherche personnelle estimait que les tensions accumulées depuis la petite enfance nous contraignent à manifester en permanence autre-chose que notre identité vocale, ce qui revient à dissimuler notre vrai moi. Le ténor lyrique avait en effet observé que la voix adulte, loin d’être une émission naturelle,est le plus souvent contrainte par l’historique de vie, au prix de sa richesse harmonique et de sa beauté. Il prenait en exemple le cri du bébé, d’une grande puissance au regard de sa taille, la comparant à un diamant brut ne demandant qu’à se polir pour livrer tout son éclat. Cette puissance selon lui venait du fait que le bébé est spontanément centré dans son hara, ce centre énergétique situé dans le bas du ventre à partir duquel une grande quantité d’énergie peut se déployer comme l’enseignent les maîtres du zen japonais et les pratiquants d’arts martiaux. Il s’agit donc de revenir d’un état cérébro-centré, tendu, serré, avec une respiration costale à un état ventro-centré, ouvert, décontracté ou le mental se tait au profit de l’être… On l’aura compris, la pratique du souffle voix est une sorte d’utopie où le travail vocal sert la découverte de soi. Au fil des séances émergerait la voix originelle, ce diamant brut que le chanteur pourrait alors tailler, mais cette fois sans obéir à des standards esthétiques, sociaux ou autres qui contreviennent à la géométrie du corps. Dès lors, le potentiel vital s’exprimerait dans sa plénitude, favorisant l’expression de l’identité, la confiance et la sérénité. Autrement dit, moins de stress et une plus grande vitalité.

Pour ce qui est de la confiance en soi, j’ai l’expérience que l’entraînement vocal est une bonne option. Plus jeune, j’ai pris des cours de chant et me suis découvert plus affirmé au fur et à mesure que ma voix s’étoffait, comme si confiance et amplitude vocale se nourrissaient mutuellement. Chanteur lyrique amateur j’éprouve cependant depuis un an quelques difficultés. Mes aigus se sont voilés et j’ai perdu le contre ut flamboyant qui fait la marque des vrais ténors. Vais-je renouer avec mon potentiel vocal ? Ma curiosité journalistique se double d’une attente personnelle au moment où vient mon tour…

Debout devant mon maître de chant, je prend position :

– Ye yi you ya.

La nuit est courte. Mon énergie déborde.

Le medium, c’est facile. Tout de même, je me sens le dos raide. Un assistant me tapote le long de la colonne vertébrale. Nous grimpons dans les aigus. Dès le sol, ma voix s’éraille… Au la, elle se casse dans un quinte de toux irrépressible. Les yeux hors des orbites, je tente un si bémol qui s’éteint lamentablement dans un raclement de gorge. Que se passe-t-il ? J’ai la poitrine en feu. Mon instructeur retourne dans le médium pour me faire descendre la gamme. Je descend vaillamment, autant qu’un ténor le peut. Après une pause, Benjamin me fait mettre à genou, penché en arrière en appui sur les mains.

– Ye yi you ya !

A la montée de gamme suivante, je parviens à reconquérir mon si bémol : on s’approche du contre-ut que j’avais perdu ! La note sort mais le son me semble franchement rocailleux. Surtout, j’ai la gorge qui gratte. « Normal », affirme Benjamin, « tu en es au stade du ramonage de ta tuyauterie. C’est la phase de déconstruction, indispensable si l’on veut retrouver sa vraie voix ». L’exercice s’arrête au bon moment, c’est-à-dire quand je n’en peux plus. Je suis déstabilisé. Ai-je définitivement perdu ma voix ? Bizarrement, alors qu’elle est affublée d’un grain rauque, elle m’apparaîtra plus ample et plus profonde. Pendant plusieurs jours. Surtout, je me sens confortablement installé en moi-même, large, serein. La nuit suivante est courte. Mon énergie déborde. Peu avant mon réveil, je fais un rêve lucide au cours duquel je vole en direction d’autres univers. Je me lève dans une forme inhabituelle. Dans la salle de bain, j’éprouve le besoin de me défouler en sautant sur place. Puis je fais quelques vocalises. Je ne suis pas aphone. Ouf !

Deuxième jour : Benjamin nous propose un exercice de lecture à haute voix. En cercle à tour de rôle, nous ouvrons successivement au hasard les pages de deux livres : Frankenstein et Le zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc. La conscience placée dans notre hara, nous tenons le livre à hauteur des yeux et déclamons tour à tour le texte à pleine voix. Benjamin corrige une posture, propose à l’un ou à l’autre de lancer un Hoï ! Sonore, en prononçant bien le H avant de poursuivre sa lecture. Parfois, il rappelle les consignes : Lire sans comprendre, détendu, centré dans le ventre et en donnant sa voix. Quand vient mon tour, je ne peux m’empêcher de lire en donnant du sens au texte. Benjamin le perçoit immédiatement. Il m’incite à me centrer plus encore dans mon hara. Au moment où je le fais, je sens une force vibrante me traverser. Ma voix s’élargit immédiatement. C’est agréable et surprenant.

Se sentir dans un corps puissant, sans tension

Quand les yé yi you ya reprennent, je suis étonné de constater comme certaines voix se sont expansées. L’une des participante vocalise avec une puissance étonnante, révélant un vrai timbre de soprano lyrique alors qu’elle ne pratique pas le chant dans la vie. Mais il n’y a pas que sa voix qui s’est amplifiée. A la fin du stage, elle nous racontera comme son ventre s’est arrondi, au point qu’elle a du détacher ceinture et bouton de pantalon… Pas très pratique, mais l’intéressée trouve très agréable de se sentir dans un corps puissant, sans tension. «Ce ressenti est fréquent mais en partie temporaire. Cela dit un processus commence à s’installer qui va continuer à mûrir en dehors du stage», indique Benjamin qui confirme cependant que l’expression de notre identité et de notre vitalité n’est pas toujours conforme aux standards de la mode occidentale. Etre qui nous sommes peut donc constituer un défi qui mérite d’être relevé si l’on veut s’épanouir. Ce dilemme entre force intérieure et conformité a sa correspondance dans le monde de l’opéra. Pour Benjamin, les longues carrières de nombreux chanteurs nés dans l’entre deux guerres sont le reflet d’un ancrage puissant et d’un respect de la géométrie du corps qui a donné une grande diversité de voix. A l’inverse, l’uniformisation vocale à partir des années 80 pour obéir à des critères esthétiques à la mode a provoqué des carrières éclairs et plusieurs chanteurs aussi fragiles que talentueux se sont cassé la voix avant de tomber dans l’oubli, faute d’avoir su préserver ou retrouver leur personnalité vocale.

La fin du stage se profile. Benjamin nous propose quelques exercices posturaux à pratiquer chez nous pour cultiver notre ancrage dans le hara. Des micro-pratiques qu’il juge plus efficaces que de longs entraînements. Je le questionne au sujet de mon problème. Mes graves se sont enrichis mais je n’ai pas retrouvé mes aigus faciles et brillants d’autrefois. « Pour le moment, tu as ramoné la tuyauterie », me répète-t-il. « C’est la phase ingrate. Cela dit, je ne suis pas sûr que tu sois un ténor avec une voix aussi légère que cela. Ta voix s’est construite par apprentissage d’une technique. En revenant aux fondations, tu trouves autre-chose qui te surprend. Peut-être te découvriras-tu baryton, peut-être ténor, mais avec un grain de voix différent, à la fois plus vaillant et avec plus de facilité. En tout cas, ce sera ta vraie voix et elle sera riche et belle. Si tu n’as pas peur de ce que tu vas découvrir, tu peux continuer». Rester dans le connu ou trouver ma voix ? Sans hésiter, je décide de poursuivre.

Dès la fin du confinement, je m’inscris à une nouvelle session. Elle confirme la première en tant que révélatrice de potentiels. Pascale, pianiste professionnelle qui a suivi plusieurs stages témoigne qu’elle s’est mise rapidement à entendre et apprécier des harmoniques graves qui lui échappaient avant. Kevin, dès la première demi-journée, se sent plus léger et vertical. Lui qui a habituellement les épaules rentrées se sent déjà le buste plus ouvert. Benjamin nous prévient : Il a vu des stagiaires changer de vie à la suite d’un stage. Quant à moi, j’ai continué à découvrir une richesse vocale que j’ignorais. Ténor ou baryton ? Je l’ignore encore. Mais je sens une nouvelle stabilité intérieure s’installer subtilement. Et puis j’ai découvert un moyen simple d’arrêter de penser : Sentir mon ventre. Je vous le conseille comme anti-stress ou comme bouton de réinitialisation quand vous voulez éclaircir vos idées.

Deux micro-pratiques pour retrouver son centre

La respiration costale (haute) est assortie à des tensions et toujours liée à un certain niveau de stress. L’ancrage dans le hara passe par une respiration basse que de courtes pratiques quotidiennes permettent de retrouver :

Sentir son ventre et laisser le souffle descendre vers la terre (2 fois par jour 2 minutes)

– Allongé sur le ventre, paumes l’une sur l’autre sous le front, constater que l’on sent le ventre,

– Sans rien modifier, observer le mouvement du souffle à l’arrière du corps. A l’inspiration, le souffle a-t-il tendance « à remplir le corps » en descendant dans les jambes ou en montant vers les épaules  ?

– S’il est montant, visualisez le souffle en le faisant descendre vers les jambes.

Retrouver la respiration réflexe du ventre (5 fois de suite le matin)

Cet exercice déprogramme la mémoire musculaire de tension du psoas et du diaphragme qui limite notre capacité respiratoire :

– A genoux, penché en arrière en appui sur les mains (doigts tournés vers l’avant du corps), lever le bassin vers le haut, tête dans le prolongement de la colonne,

– Souffler en prononçant un S jusqu’au bout de l’expiration,

– Rester en apnée à vide jusqu’au maximum de votre capacité,

– Attendre que le corps inspire de manière réflexe par lui-même, spontanément.

Interview – Benjamin Grenard : « Travailler sur l’ancrage et les racines amène plus de confiance en soi ».

Quels sont les publics du souffle-voix ?

Cela dépend des instructeurs, mais globalement, l’approche de Serge Wilfart est passée d’un travail pour révéler de belles voix à une discipline énergétique. Pour ma part, j’ai beaucoup de pratiquants de disciplines énergétiques, de thérapeutes et aussi de musiciens ayant l’habitude de travailler sur eux-même.

Quel est le but d’un tel travail sur la voix ?
Pour moi, il n’y a pas vraiment de but. Les gens viennent avec une attente d’enlever des tensions. C’est une idée valable et ça se fait. Mais il peut se produire d’autres ouvertures aussi. Les personnes vont vivre l’expérience de l’instant présent et du corps. Il s’agit d’honorer qui je suis et ce qui se passe à travers moi. En plongeant dans l’expérience, on revient aux sources et c’est à chaque fois une nouvelle exploration de soi.

Quelles conséquences ont ces pratiques ?

Pour la plupart des gens, il va y avoir des modifications vocales, mais pas toujours. En revanche, on assiste souvent à des transformations respiratoires et corporelles. Par exemple, Lucio Ongaro, professeur de technique et didactique des mouvements humains à l’université de Milan a mené une étude rigoureuse à la suite d’un stage soufflevoix. Les participants affichaient un gain de 8 % de capacité respiratoire en moyenne. Un an après, cette augmentation s’était maintenue. Globalement, les corps se transforment : les gens maigres se détendent et peuvent prendre des formes et de la densité, avec un gain de poids. Ceux qui ont un ventre mou voient leur silhouette se raffermir et s’allonger. Il y a aussi d’autres changements plus psychologiques : de la détente, un mieux-être, ou une relation au monde transformée. Le fait de travailler sur l’ancrage et les racines amène plus de confiance en soi. Et puis il y a ces changements que l’entourage observe et dont la personne ne se rend pas forcément compte.

Par exemple ?

Comme il y a plus de confiance, la personne va devenir plus authentique, retrouver sa spontanéité, son côté animal. Ordinairement, on met un bouchon sur son élan vital. On tente de refroidir le volcan qui nous habite par le mental ou des exercices de contrôle de soi. Mais le jour où l’on assume cet élan vital, cela peut donner lieu par exemple à une colère usque là enfouie mais qui s’exprimera alors sans tension et sans dégâts sur soi-même ou sur autrui. En soi, l’énergie n’est ni négative ni positive. Elle peut bien-sûr s’exprimer par une colère, mais comme on se sent en sécurité à l’intérieur de soi, cela donne plus généralement un élan généreux. Confrontés à votre charisme, il n’est pas rare que les gens qui vous connaissent se positionnent de manière différente.

Plus d’infos sur : http://www.du-souffle-a-la-voix.com

Article initialement publié dans Alternatif Bien-Etre

J’ai testé l’eïnothérapie  l’hypnose qui efface la peur et la culpabilité

En rupture avec l’hypnose classique qui donne au praticien un pouvoir de
suggestion sur son consultant, le psychologue Bernard Sensfelder a fondé
l’eïnothérapie, une hypnothérapie douce, qui laisserait au corps le soin de
libérer par lui-même les racines du mal-être. Le but : en finir avec la tyrannie
du développement personnel et se sentir bien tel que l’on est… Le tout de
manière autonome. Curieux, j’ai fait le test…

L’hypnose, dans la pensée collective, c’est cette technique un peu mystérieuse qui permet de réaliser des choses incroyables : marcher sur des braises sans se brûler, subir une opération chirurgicale sans anesthésie, dialoguer avec des défunts ! Plus classiquement, effacer un mauvais souvenir ou cesser de fumer en trois séances… Bernard Sensfelder, lui, utilise cette technique ancienne dans un tout autre but : rendre les individus libres…
Pourquoi éprouvons-nous du mal-être ? Pourquoi souffrons-nous d’insomnie, d’addictions, de surpoids, de problèmes relationnels, de difficultés conjugales, de manque d’estime de nous-mêmes, de troubles du comportement ou tout simplement d’anxiété ou de phobies ? Pour le fondateur de l’eïnothérapie, les choses sont relativement simples. Il n’existerait que trois causes à nos douleurs morales et à nos comportements indésirables : la peur, la culpabilité et les tensions corporelles, sachant qu’elles-mêmes sont générées par des peurs, des culpabilités ou des souvenirs d’ambiances tendues. Autrement dit, plutôt que de faire des efforts pour devenir plus rapides, plus sobres, plus efficaces, plus gentils ou plus confiants, plutôt que d’essayer d’être meilleurs ou plus exactement plus conformes à l’idée que l’on se fait d’une bonne personne, la vraie solution serait de libérer les tensions à l’origine de nos difficultés. Comment ? En nous laissant faire par notre corps…

« Laisser le corps s’installer confortablement dans une peur… »


Aux antipodes de la psychanalyse lacanienne dont il est issu, Bernard Sensfelder a puisé dans les neurosciences pour fonder sa propre méthode de psychothérapie. Une approche rapide dont il affirme qu’elle peut être pratiquée en autonomie après quelques séances accompagnées. Avec l’eïnothérapie, il ne s’agit ni de puiser dans les ressources de l’inconscient, ni d’induire de nouveaux comportements par des suggestions comme en hypnose classique. L’objectif, c’est de lâcher prise, autrement dit d’obtenir un état de légère relaxation afin de « laisser le corps s’installer confortablement dans une peur ou une culpabilité » identifiée préalablement… Ensuite, il s’agit simplement de constater les sensations corporelles associées au mal-être, puis de laisser faire le corps sans intervenir, jusqu’à ce qu’il efface de lui-même les tensions qui y sont liées. Dans la continuité des travaux du philosophe et hypnothérapeute François Roustang, dont il fut le disciple, Bernard Sensfelder a systématiquement constaté que lorsque la tension physique est liée à une peur ou une culpabilité, ces dernières sont également libérées. Dès lors, la personne est libre de changer de comportement. Simple, non ?
En tout cas suffisamment alléchant pour que je veuille me frotter à cette technique. En effet, malgré plusieurs années de travail sur moi-même, il me reste quelques défauts de fabrication. Par exemple, quand je suis à table, je n’aime pas arrêter de manger. Lâcher ma fourchette me demande un gros effort, comme si je voulais prolonger ce bon moment. Résultat, je me remplis souvent l’estomac au-delà de ma faim, ce qui me conduit à sauter le repas du soir, encore occupé que je suis à digérer celui du midi. Un problème de comportement, donc… Heureusement, Bernard Sensfelder et une eïnothérapeute qu’il a formée, Mylène Mathieu, organisent un stage sur le thème « Hypnose et circulation d’énergie » à Lyon. Je m’y rends en janvier 2019. Nous sommes sept stagiaires venus de divers horizons : thérapeutes, personnes en recherche de mieux-être, essentiellement des femmes. Un classique.
Bernard Sensfelder traitera principalement de l’eïnothérapie. Mylène Mathieu, de conscience corporelle,
de centrage et d’énergie interne. Pendant deux jours, nous allons nous exercer à entrer en transe hypnotique légère, puis à laisser notre corps traiter les mauvais souvenirs, peurs, relations difficiles, images négatives de soi, etc. Autrement dit, toute information se traduisant par une tension…

Mathieu, organisent un stage sur le thème « Hypnose et circulation d’énergie » à Lyon. Je m’y rends
en janvier 2019. Nous sommes sept stagiaires venus de divers horizons : thérapeutes, personnes en
recherche de mieux-être, essentiellement des femmes. Un classique. Bernard Sensfelder traitera princi-
palement de l’eïnothérapie. Mylène Mathieu, de conscience corporelle, de centrage et d’énergie interne.
Pendant deux jours, nous allons nous exercer à entrer en transe hypnotique légère, puis à laisser notre
corps traiter les mauvais souvenirs, peurs, relations difficiles, images négatives de soi, etc. Autrement dit,
toute information se traduisant par une tension…
Nous éprouvons du mal-être parce que le personnage que nous avons créé pour nous adapter se trouve
en échec.

Après les présentations, le psychologue expose les fondements de son approche : « Quand j’ai appris la
psychologie, on m’a dit que l’on faisait les choses pour être aimé, pour exister. Eh bien je ne suis plus
d’accord avec ce dogme ! Je récuse l’idée que les enfants agiraient dans le but d’attirer l’attention sur eux
ou d’être aimés. C’est l’inverse qui est vrai. À la base, il y a la « personne ». La personne aime et donne. Si elle est reçue dans son élan, elle pense : « Ma façon d’aimer est juste. » Et elle reste dans sa spontanéité. Si elle n’est pas reçue, elle pense : « Ma façon d’aimer est mauvaise. » C’est le début de la culpabilité. Le phénomène se produit un jour ou l’autre dans nos sociétés. Et chacun, pour protéger les autres de l’horreur qu’il croit être, se crée un personnage qui va agir dans le monde et s’y adapter en se modelant sur la peur et la culpabilité, qui se manifestent sous la forme de tensions dans le corps ». Pour Bernard Sensfelder, nous éprouvons du mal-être parce que le personnage que nous avons créé pour nous adapter se trouve en échec. « Tant qu’il est adapté à son environnement, tout va bien. Mais quand il n’est plus adapté, on se sent mal… À partir de ce constat, il existe deux solutions : réparer le personnage, le renforcer, pour qu’il soit de nouveau conforme à ce que l’on pense qu’il est attendu de lui. Ou bien s’en débarrasser pour que la personne « advienne » de nouveau. Cette deuxième option est celle de l’eïnothérapie… » J’observe Bernard Sensfelder. Il est « nature », Bernard. Un sourire quasi permanent aux lèvres. Le rire facile. Un enseignement clair, sans élément de langage signifiant son statut d’expert. Aucune posture construite et un look pas franchement travaillé. Visiblement, il ne fait pas grand cas de son image extérieure. Il transmet son enthousiasme de chercheur, voilà tout… S’est-il totalement débarrassé de son personnage ? Je l’ignore, mais en le voyant si joyeux et décontracté, j’ai plutôt envie de tester sa technique.

Comment les peurs se créent Et se désactivent


Convoquant les neurosciences, le savant nous expose comment les peurs se créent… Et se désactivent. « En 2013, raconte-t-il, une expérience scientifique a consisté à créer une peur chez des volontaires en les exposant à l’image d’un paysage et à un parfum tout en les soumettant à un petit choc électrique. Par la suite, des capteurs cardiaques et cérébraux ont montré que rapidement, le cerveau associe le parfum ou l’image à la peur et que cette association se maintient dans le temps. Quelque temps après, on a invité les volontaires à venir dormir au laboratoire. Pendant la phase du sommeil où le cerveau ne génère plus d’information motrice, générant une vulnérabilité totale, on fait sentir le parfum à la moitié du groupe. Au réveil, les personnes concernées ont le souvenir d’un cauchemar… Mais quand on leur fait sentir le parfum ou qu’on leur montre l’image, l’immense majorité n’a plus peur… L’eïnothérapie, résume le psychologue, consiste à mimer cette phase du sommeil par une transe hypnotique légère, créer
cet état de vulnérabilité, puis entrer dans la peur et la culpabilité pour les désactiver, définitivement. »
La tension monte dans le corps, puis passe, jusqu’à la paix…

Ma main bouge toute seule !

Les exercices pratiques commencent. Debout, nos initiateurs nous suggèrent de fixer un point sur notre main droite jusqu’à ce que l’image se floute ou se modifie… Et que la main soit animée de petits mouvements saccadés, signe de l’activation du système moteur involontaire (cf. « Comment entrer en état d’hypnose »). J’essaie. Quelques instants plus tard, ma main bouge toute seule ! J’en suis surpris autant qu’ému. Dans l’instant, je suis totalement connecté à mon corps, en observateur de ce qui s’y passe. Ma pensée est légère. Pour certains stagiaires, l’entrée en transe hypnotique prend un peu plus de temps que pour moi… Le lâcher-prise, ça s’apprend. Il faut s’apprivoiser avec les sensations particulières
de cet état de conscience. Quand tout le monde est au point, Bernard nous propose de faire venir l’image
d’un proche : père, mère, enfant… « C’est rarement neutre », prévient-il. Effectivement… La tension
monte dans le corps, puis passe, jusqu’à la paix… Convoquant la théorie des neurones miroirs, Bernard Sensfelder nous indique que lorsque nous observons quelqu’un faire une chose, les aires motrices de notre cerveau correspondant au geste que nous voyons s’activent. Autrement dit, ce que l’autre fait, notre cerveau le fait ! Et si ce que l’autre fait correspond à un interdit chez nous, nous nous sentons mal. Et notre initiateur de conclure en toute logique : « Si une personne nous traite avec mépris et que cela nous énerve, c’est que nous sommes porteurs d’un interdit d’être méprisant ! »
La solution : entrer en état de lâcher‑prise et s’installer dans « je suis méprisant ». Si interdit il y a, la
tension montera dans le corps, puis s’apaisera d’elle-même, jusqu’au calme complet, signe que nous
avons levé l’interdit et gagné un peu de liberté. Voilà qui me paraît un peu risqué : si je lâche l’inter
dit d’être méchant, ne vais-je pas devenir méchant ? « Aucun risque, insiste Bernard Sensfelder, vous ces-
serez seulement de vous comporter gentiment, juste par peur d’être méchant. Éventuellement, vous
cesserez d’être gentil au détriment de vous-même et de le regretter ensuite. » Voilà qui ouvre de vastes
perspectives… La proposition de Bernard Sensfelder : traquer systématiquement les interdits et les culpabilités pour les libérer, un par un. Nous testons l’affirmation : « Je fais du mal aux gens que j’aime. » Pour moi, c’est le calme plat. En revanche, la phrase « je suis un égoïste » provoquera une réelle tension physique… Cette technique toute simple aura‑t‑elle raison de ma compulsion alimentaire ?
Sur le chemin du retour, je me dis que l’eïnothérapie va devenir l’un de mes sports favoris…

Cette technique toute simple aura-t-elle raison de ma compulsion alimentaires ?


Pour commencer, je vais m’offrir quelques minutes de lâcher-prise chaque jour, histoire de me détendre
et de récupérer. Quelques minutes d’hypnose, ça repose autant qu’une sieste, paraît-il… Quand l’envie me
vient, je fixe un grain de beauté que j’ai sur la main droite. L’image se brouille, ma main se met à faire
des petits mouvements spontanés. Ça marche ! Je ferme les yeux. Ma main gauche, elle aussi, se met à
bouger. Avec l’habitude, l’entrée en état d’hypnose est de plus en plus facile. Si je pratique le soir, l’entrée
dans le sommeil en est facilitée. Mais cette technique toute simple aura-t-elle raison de ma compulsion alimentaire ?
J’ai bien retenu la leçon : se retenir est d’une efficacité aléatoire. D’ailleurs, j’ai déjà essayé. Ça marche très bien, pendant 24 heures… À présent, il s’agit de me détendre dans ma relation à l’aliment… Alors, un
soir de févier, je me place en état de lâcher‑prise avec l’intention de traiter le problème. En transe légère,
je m’imagine en train de manger. Jusqu’ici tout va bien. Puis me vient l’idée de prononcer intérieurement :

« Fin de repas. » Aussitôt, j’ai l’impression que mon ventre implose ! C’est un véritable état de panique.
J’observe mes sensations. La tension dure plusieurs secondes, puis se relâche d’un coup. Je me sens apaisé. Quand je répète « fin de repas », c’est le calme plat. Je me sens en paix, joyeux… Alors, je convoque l’image d’un moment où j’ai grignoté des amandes… Un petit peu trop. Je les vois, je sens leur parfum et leur croquant, puis je les éloigne de moi. Nouvelle crispation dans le corps. Je laisse faire… Aucun contrôle, aucune intervention pour essayer de réduire la tension. Au bout d’un instant, ça se calme, tout seul. Je recommence. Nouvelles crispations qui s’apaisent elles aussi au bout de quelques secondes. Au troisième essai, l’évocation est devenue neutre. Suis-je guéri ? Je le saurai demain…

Ma main lâche la fourchette d’elle-même

Pendant les deux jours suivants, je mange raisonnablement. Il y a un peu d’effort de ma part, mais pas
de contrainte exagérée. Je me sens plus libre de mon comportement. Le troisième jour, j’ai de nouveau
du mal à m’arrêter de manger à midi, ce qui me prive du repas du soir. Mais les circonstances sont différentes. Clairement, ma surconsommation est la réponse à un stress. Il me faudra le traiter tranquillement, à froid. Je suis toujours résolu non pas à me retenir de manger, mais à relâcher toute
tension qui me pousserait à manger au-delà de la vraie faim. Je m’y attelle… Nouvelle séance. Nouvelles
tensions qui se relâchent… À la suite de ce deuxième essai, plusieurs semaines se sont passées
sans compulsion. À l’heure où j’écris, j’ai gardé un solide appétit, mais je n’ai plus fait d’excès. Au
lieu de revenir vers le plat malgré moi, ma main lâche la fourchette d’elle-même, sans que j’en décide
et sans que j’y pense… Ce constat me procure un agréable sentiment de liberté…

Réquisitoire contre les chaises

Alerte mondiale !
Tous les posturologues et enseignants de yoga le disent : Notre mobilier nous abime. La majorité de la population connaît ou connaîtra des problèmes de dos, d’épaules ou de nuque dans sa vie. Or si la plupart y voient la fatalité du vieillissement, c’est parce qu’ils ne savent pas que les groupes humains qui ne disposent pas de chaises, de fauteuils ou de canapés ignorent ces maux leur vie durant. Lire la suite « Réquisitoire contre les chaises »

Auto-Alpé : Accompagnement pour Libérer les Perturbations Emotionnelles

 

Alpé est l’outil le plus simple et le plus puissant qu’il m’ait été donné de tester au cours de mes enquêtes pour se libérer définitivement des perturbations émotionnelles chroniques (phobies, anxiété, angoisses, dépression, blocages, inhibitions, peurs, colères, irritabilité, ressassement, malaise émotionnel diffus). Lire la suite « Auto-Alpé : Accompagnement pour Libérer les Perturbations Emotionnelles »

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