Pourquoi être (un peu) sale nous rend intelligent, heureux et en bonne santé

L’hygiène exige de posséder une trousse de secours avec alcool et autres désinfectants, de se laver chaque jour, d’avoir toujours les mains propres et de faire la chasse aux poussières. Et si la santé, c’était l’inverse ?

La bactérie qui rend les jardiniers intelligents et heureux

Sentiment du travail bien fait ? Vertus de l’effort physique ? Le jardinage est réputé bon pour le corps et l’esprit. Mais des esprits curieux ont trouvé une  nouvelle cause au bonheur des jardiniers : Une bactérie, mycobacterium vaccae qui se trouve dans la terre. A la suite d’une étude montrant qu’elle améliorait significativement la qualité de vie de patients cancéreux, en 2007, le docteur Christopher Lowry de l’Université de Bristol, a mené une recherche sur des souris montrant que chez ces dernières, le contact avec la bactérie améliorait leur comportement. Mycobacterium vaccae, au départ cultivée sur bouse de vache, stimule un groupe de neurones responsable de la production par le cerveau de noradrénaline et de sérotonine. En cas de carence de cette dernière, la dépression menace… Voilà une bonne raison de laisser nos enfants se rouler joyeusement dans la terre et faire des pâtés, sans trop être regardant sur la propreté de leurs mains. Surtout qu’en 2010, une nouvelle étude du professeur de biologie Dorothy Matthews du Sage Colleges de New-York a montré que la même bactérie améliore l’apprentissage tout en réduisant l’anxiété des souris. La simple respiration des poussières et particules provenant de la terre suffirait à la faire pénétrer dans l’organisme et à stimuler l’hormone du bonheur. Mais ne négligeons pas le contact cutané dont les vertus ne sont pas encore connues …

Le savon, pas toujours bon…

D’ailleurs, il existe une autre bonne raison de ne pas se laver trop rapidement après avoir passé du temps dehors, surtout s’il fait beau. Le nettoyage de la peau à l’eau savonneuse empêche la production de vitamine D. Même en sueur, mieux vaut attendre une heure. En revanche, une douche sans savon n’a pas cet inconvénient… Même conseil avant le soleil : Le savon évacue les substances protectrices que la peau sécrète naturellement, notamment pour se protéger. Las de voir des patients à la peau abîmée par excès de propreté encombrer leurs salles d’attentes, certains dermatologues n’hésitent pas à conseiller d’espacer les douches, ou de limiter l’usage des savons et des gels… Ainsi, le Dr Casey Carlos, assistant professeur en dermatologie à l’Université de médecine de San Diego (Etats-Unis), essaye de convaincre les Américains de ne pas se savonner entièrement tous les jours mais seulement là où ils ont en besoin. Par exemple, les parties intimes ainsi que les aisselles. En revanche, les jambes qui risquent de s’assécher plus rapidement ne doivent pas être lavées quotidiennement. Une telle remise en question des règles de l’hygiène ne représenterait  pas un grand danger, à en croire la longue expérience de l’Iranien Amou Hadji qui vient de défrayer la chronique depuis qu’un journal Iranien a révélé qu’il ne s’était pas lavé depuis soixante ans ! Agé de 80 ans, cet habitant d’un village du sud du pays considère que la propreté engendre la maladie…

Bobologie sans pharmacie

Qui n’a pas dans sa trousse à pharmacie, un flacon d’alcool à 70 °, de l’eau oxygénée ou un bactéricide quelconque afin de bien désinfecter écorchures, coupures et autres égratignures ?  Et pourtant, sous nos latitudes, l’eau de conduite, chlorée, est plus sûre et efficace pour nettoyer les plaies que tous les anti-sceptiques connus. En cas de blessure sans gravité, rincer la plaie abondamment à l’eau chaude est parfaitement efficace contre les infections et n’interfère pas avec la cicatrisation comme c’est le cas de nombre de produits pharmaceutiques. Une revue d’études réalisée par la Collaboration Cochrane a même conclu que le sérum physiologique ne vaut pas mieux contre les infections que l’eau du robinet, dans les pays où celle-ci est propre.

Et si la blessure se produit loin d’une source d’eau potable ? Pas de panique ! Nous portons tous sur nous un cicatrisant de choix connu depuis la nuit des temps : Notre propre urine. Stérile, sauf en cas d’infection urinaire, elle constitue un excellent nettoyant. Certes, elle pique un peu, mais elle est sans risque et favorise la cicatrisation. Quand l’eau faisait défaut, bien des voyageurs ont constaté qu’un arrosage quotidien de la plaie à l’urine assurait une cicatrisation en un temps record…

Laisser faire la poussière

Avec l’urbanisation et la quasi-disparition de l’accouchement à domicile au profit de l’hospitalisation, poussières, pollens, spores, acariens, moisissures, poils, plumes, saprophytes et autre germes n’ont plus droit de cité autour des nouveaux nés. Nous naissons dans des bulles stériles, provoquant une réduction définitive de notre tolérance immunitaire par manque de stimulation… Résultat : Une flambée des allergies. Le docteur Maxime Gernez, découvreur des cellules souche, donnait ce conseil aux parents afin de prévenir ces pathologies : Souffler au-dessus du visage du nourrisson une pincée de poussières de maison recueillie de préférence en août dans le sac d’un aspirateur domestique, additionnée d’un mélange de pollens vendus dans le commerce. La méthode est basée sur l’idée que pendant les 3 premiers mois de sa vie, le bébé vit une période de tolérance immunitaire : Il va accepter et intégrer tous les éléments de son environnement comme étant familiers et non ennemis. En 2006, le congrès mondial d’allergologie à Berlin a confirmé officiellement la validité de cette méthode. Quant à la théorie de la tolérance immunitaire post natale des trois premiers mois, elle avait été officialisée en 2001 par l’Hospital for Sick Children de Toronto (Canada) qui avait réussi 10 greffes de cœur sur des nourrissons de groupes sanguins différents sans médicaments.

Article initialement publié dans Néo-Santé

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