Réapprendre à s’accroupir : un geste vital

Appendicite, colopathies, diverticulites ou descente d’organes post-partum, et même cancer du colon : toutes ces pathologies sont apparues concomitamment à la démocratisation des toilettes assises !

Dans les populations qui défèquent à l’ancienne, en position accroupie, et ce quel que soit leur régime alimentaire, ces désagréments sont pratiquement inconnus. Réapprendre à s’accroupir, et pas seulement pour aller à la selle, est une mesure de santé essentielle.

A la fin du 19e siècle, apparaissait en Occident une mystérieuse maladie : l’appendicite et avec elle, les premières appendicectomies. Pratiquement inconnue avant le 18e siècle, elle allait se répandre comme trainée de poudre dans les pays civilisés. Dans le même temps, les maladies inflammatoires de l’intestin, de la colite au cancer, faisaient leur apparition dans la population. En 1997, un article publié dans la revue scientifique The Lancet remarquait que ces maladies étaient confinées à l’Occident. Inconnues dans les populations ayant préservé un mode de vie ancestral, elles semblaient être un effet secondaire du mode de vie civilisé (1). En 1979, des chercheurs israéliens avaient déjà publié une étude (2) concluant que la prévalence des maladies intestinales – hémorroïdes, appendicite, polypes, colites ulcéreuses, diverticulites et cancers du colon – était identique chez les blancs d’Afrique du Sud et les populations occidentales. En revanche, dans les zones rurales au mode de vie traditionnel, ces maladies étaient pratiquement inconnues. Longtemps, les scientifiques se demandèrent si une alimentation particulière pourrait préserver la population de ces désagréments. Une alimentation riche en fibres par exemple. Or dans les régions épargnées par les pathologies de l’intestin, les régimes alimentaires sont très diversifiés. Les hindous sont végétariens tandis que les maasaï, ce peuple d’éleveurs semi-nomades d’Afrique de l’est,  ont une alimentation basée sur un mélange de lait et de sang de bovins additionnés de plantes sauvages. À l’inverse, les végétariens occidentaux peuvent souffrir de l’intestin. Il manquait aux médecins un élément : l’appendicite était apparue concomitamment à l’introduction des toilettes assises (3).

L’explication de l’étrange épidémie

On tenait là l’explication de l’étrange épidémie : A la sortie du grêle, la valvule iléo – coecale le sépare du gros intestin. En position assise, elle ne s’obture malheureusement pas, permettant le retour vers le grêle de matières au moment de la poussée. Par ailleurs, sans l’appui des cuisses sur les flancs induit par la position accroupie, on ne peut presser correctement le caecum – le premier segment du gros intestin – qui peine alors à se vider dans le colon ascendant. Au lieu de cela, le diaphragme descend et appuie sur le caecum de sorte que des matières peuvent pénétrer l’appendice ou retourner à l’intestin grêle. C’est un peu comme si on pressait un tube de dentifrice par le milieu au lieu de le faire depuis la base : Une partie du dentifrice progressera vers l’avant tandis qu’une autre repartira vers le fond du tube…Cette explication anatomique apparait comme l’une des plus valables de la survenue des crises d’appendicite… Et du fait que 80 % des cancers du colon se développent dans des zones  – caecum, sigmoïde et rectum – qui ne peuvent être totalement évacuées en position assise de défécation. A l’inverse, en position accroupie, la cuisse droite presse le caecum à la base. Son contenu est alors entièrement expulsé vers le colon ascendant. Ainsi, l’appendice reste propre et la valvule ileo-coecale fermée.

Les chaises et les fauteuils nous rendent malades

A partir de ces données, il n’y a plus qu’à le faire… Sauf que la plupart des Occidentaux sont incapables de se tenir accroupis plus de quelques secondes, voire d’adopter cette position ! En cause, l’usage de chaussures à talons ainsi que des chaises, fauteuils et autres éléments de confort moderne qui, utilisés dès l’enfance raccourcissent nos tendons d’Achille. Pourtant, les bambins s’accroupissent spontanément quand ils veulent se baisser. Concernant ces derniers, il est du plus haut intérêt de ne pas contrarier cette heureuse disposition. Et pour les adultes, de retrouver cette manière de s’asseoir, de déféquer… Et d’accoucher ! Car la prévention des maladies de l’intestin n’est pas le seul avantage de la position accroupie ! Dans le Tai chi  taoiste, on considère qu’elle allonge la colonne vertébrale et fait travailler la région pelvienne et les jambes. Une excellente prévention pour les maladies de la prostate. Quant au yoga, il décrit deux postures accroupies – upavesasana et malasana – comme particulièrement favorables aux femmes enceintes.

Comment se réapproprier la position accroupie ?

L’important est de parvenir à s’accroupir en gardant les talons au sol. Si cette position est malaisée, commencez par écarter suffisamment les pieds avant de descendre. Peu à peu, vous pourrez rapprocher vos pieds. Si vous ne parvenez pas à entrer dans la posture ou à la tenir, trois solutions sont possibles :

  • Vous appuyer contre un mur,
  • mettre un léger support sous les talons et diminuer sa hauteur progressivement,
  • se tenir à un meuble par les mains.

Une fois en position, restez-y quelques instants puis prolongez ce temps jour après jour. Progressivement, vos tendons d’Achille et vos hanches s’allongeront. Idéalement, le poids du corps doit être sur l’avant des pieds. Si vous êtes fatigué, mettez votre poids en arrière, sur les talons, pendant un certain temps avant de repasser en avant. Ce ne sera pas seulement bon pour le confort de la posture, mais aussi pour entraîner vos muscles des jambes. Une fois cette compétence retrouvée, il ne vous restera plus qu’à passer au sevrage des chaises et des fauteuils…

NB : Les personnes ayant des blessures aux genoux doivent éviter cette posture.

(1)Montgomery Scott M , Pounder Roy E , Wakefield Andrew J, Infant mortality and the incidence of inflammatory bowel disease,The Lancet Volume 349, Number 9050 DATUM: 1997-02-15.

(2) Walker AR, Segal I., Epidemiology of noninfective intestinal diseases in various ethnic groups in South Africa. Israel Journal of Medical Science, 1979 Apr;15(4):309-13. (online at PubMed.)

(3) A History of Technology, Vol.IV: The Industrial Revolution, 1750-1850. (C. Singer, E Holmyard, A Hall, T. Williams eds) Oxford Clarendon Press, pps. 507-508, 1958

Article initialement publié dans Néo-Santé

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